LES COMMUNIQUÉS
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8 octobre, 2026« Hollywood (version radio) » – BoBo OnO
Karkwa, Galaxie, Fred Fortin, Laura Sauvage, Dany Placard, Julie Doiron, Buddy McNeil ; ceux et celles avec qui je cumulais les kilomètres comme technicien de scène ou musicien accompagnateur avaient pris l’habitude de m’appeler ainsi : «BoBo». BoBo, pour Nicolas Beaudoin.
Probablement parce qu’il évoquait assez bien certaines de mes particularités morales, évidemment plus dans sa ressemblance avec « bout-en-train » que dans sa signification dans le langage enfantin, ce surnom hypocoristique m’allait bien. Plus qu’un simple sobriquet, il est devenu « mon autre moi ». Celui qui écrit, compose et joue de la guitare « comme » ceux et celles pour qui il les accorde et les empile dans le coffre du camion, dans l’arrière-scène, puis celui aussi qui les enfile sur scène et en studio aux côtés de ces mêmes musiciens et musiciennes.
BoBo devait avoir au moins une décennie lorsque je lui ai donné l’élément final de son nom. Je lui ai trouvé par filiation, usant de ma propre date de naissance pour fabuler un récit improbable et absurde qui lui accorderait un matronyme fort, puissant même : Ono. Un nom qui vit en soi, entre musique et art performatif, histoire et mythe, à la fois d’hier et d’aujourd’hui. Si l’intention et la démarche ne les liaient pas vraiment, « elle », Yoko, et « lui », BoBo, quelques ficelles étaient tout de même déjà bien attachées, à commencer par celles de la primauté de l’idée, de l’action libre, de l’ordinaire sublimé et de l’essentielle relation avec l’autre : la création au « nous », moi et lui, elle, lui et eux, elles. Comme activiste « peace and love », fils illégitime de Yoko caché à Dolbeau, BoBo OnO pouvait tout se permettre.
C’est sur ces bases que Fluxus, le premier album du projet, a vu le jour (Lazy at Work, 2022) ; pas complètement étranger dans sa conception à celle de l’initiateur du mouvement artistique homonyme, George Maciunas, de « chercher à abolir les frontières entre l’art et la vie par l’humour ». Avec l’autodérision comme protagoniste, les chroniques de cet énergumène élancé chapeauté de fourrure et luisant de toc qu’est BoBo OnO y défilent comme les actes d’une pièce de « théâtre joual » dramatico-comique, et ce, en audio comme en chair et en os.
L’amour, les amitiés, la déchéance ; le quotidien et l’ordinaire y est pailleté par la personnification, toujours lumineuse, la « performance », de haut vol, et les compositions, en couches de tissus musicaux chargés de strass — funk, blues, folk, rock, jazz, psychédélique, pop et autres textures propres à toute une horde de connaissances intimes (ré)unies pour les jouer : Dany Placard, Julie Doiron, Olivier Langevin (Galaxie), Vivianne Roy (Les Hay Babies, Laura Sauvage), Anna Frances Meyer (Les Deuluxes, Barry Paquin Roberge) et Pierre Fortin (Les Cowboys Fringants, Galaxie, Les Dales Hawerchuck) du nombre.
Toujours avec son entourage, des groupes d’humains plus ou moins imposants selon la date, les humeurs et l’agenda, BoBo OnO s’est produit à de nombreuses reprises depuis son « avènement », dans les bars et les salles du Québec, comme dans les grands festivals d’été, les Francos de Montréal, le Festivoix de Trois-Rivières, le Festival d’été de Québec, le Festif ! de Baie-Saint-Paul, le Festival de musique émergente d’Abitibi-Témiscamingue. Journalistes et public ont parlé de « révélation », utilisant des expressions locales colorées bien senties : « un trip de mush », « une belle brochette », « un criss de show ». Mon alter ego avait réussi à les embarquer dans son « autobus du rock Québ’ » chromé. Ce fut clair pour moi dès cet instant : sur tous les terrains, physiques et théoriques, BoBo OnO devait faire encore plus de millage.